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Ah, le voilà, l’enfant fragile et innocent, influençable comme nous autres autrefois. Nous avons appris à nous civiliser, c’est-à-dire d’ôter notre égocentrisme puis notre égoïsme. Vient ensuite le moment de la bonne lessive pour en somme cloner le fils à l’image des parents.

Que c’est bon pour le bambin de s’épanouir dans un cadre où, pour chaque sujet, il le découvre, le déchiffre, oppose des arguments et tente de se faire une vision. Il réfléchit, il débat, il change d’avis encore et encore pour tenter d’établir une vérité. Il doit tout ceci à ses parents géniaux, qui ont su ne jamais l’embrigader dans leur bonne pensée. Je plaisante, c’est une blague.

Je veux bien-sûr parler de moi, je souhaite bien entendu discuter de tous ces enfants privés de réflexion, où aucune lueur d’espoir n’émane de ces boîtes. Évidemment, dans un vide abyssale creusé par la bonne pensée, certainement juste, d’un père et d’une mère, il n’y a, à l’instar des ténèbres, pas le moindre faisceau de lumière.

Des preuves

Comment tirer toutes ces conclusions ? N’est-ce pas prononcièrement hautain et prétentieux ? Bien que mon modeste parcours ne me permet pas d’établir une vérité vraie sur ces Bon Chic Bon Genre, je pense pouvoir vous dresser une petite réalité. Je ne les dénigre pas, je suis juste profondément attristé par leur fermeture sur le monde voire l’ignorance de la grandeur de celui-ci.

Acte 1 – La religion

Attention, il s’agit d‘une satire, de ma vision, des pires choses que j’ai pu voir ici, certainement pas la réalité. Du moins, je l’espère.

Le premier jour de la semaine, le dimanche, une foule de fidèles vient mettre à jour son statut. Le choix de la chemise est important ce jour-là, aussi bien pour les enfants que pour le mari. Celui-ci est chargé de représenter la force de la famille, sa femme en est la vitrine et les six enfants… Certainement la volonté de Dieu : il m’en donnera autant qu’il en voudra.

Parlons peu, parlons messe : là encore, j’en connais un rayon. Le plus flagrant se situe chez les jeunes : pour briller, les parents iront gentiment « proposer » à leurs enfants d’intégrer l’Élite de l’Élite à l’Église. Pouvoir être un enfant de choeur, quel noble prestige.

Cette digne fonction est l’exemple parfait pour illustrer l’incompréhension des jeunes quand on choisit, à leur insu, d’adhérer à telle ou telle religion. Il y a comme une sorte d’hypocrisie totale dans l’assomption de cette robe blanche, tout ce que j’avais retenu à l’époque c’était de me positionner à un endroit précis, de faire une certaine ovation devant des marches et de ne pas faire de faux gestes durant la cérémonie. En somme : le culte de la forme, l’absence de fond et de réflexion.

Je résumerai chaque messe à une pièce de théâtre. Il s’agit de faire des mouvements, des procédures, dans un ordre bien précis sans trop savoir la raison tel un ordinateur exécutant un algorithme avec la naïveté que l’on connaît. Par exemple, au moment où la sainte personne au col roulé présente de la farine et du blé à la foule, chacun doit baisser sa tête. Je ne remets pas en cause la méditation profonde qui occure à ce moment-là dans les brillants cerveaux de la salle mais, on peut se questionner sur ce geste, surtout en étant jeune. Enfin il n’y a pas à discuter. Fais-le ou le bon plat de Maman nous passera sous le nez ! Voilà donc la motivation : ne pas rater un bon agneau des familles et le débat passionnant du dimanche midi.

L’apogée d’une telle responsabilité, à part le fait de se présenter, bien coiffé par maman, devant une foule, était certainement le droit ultime que chacun rêvait : avoir sa place au banc des prêtres. Vous penserez bien que seulement les plus âgés et les plus « matures » pouvaient y siéger. Comptez au moins sept ans d’ancienneté et un bagage conséquent en scoutisme.

Vous noterez l’égalité parfaite entre chaque individu de ce modèle de société d’un autre siècle. Par ailleurs, si vous vouliez avoir l’honneur de goûter à la vinasse du curé, il fallait participer activement à la cérémonie et proposer par exemple, d’accompagner les fidèles dans des chants d’une lugubrité sans nom. On comprend tout de suite l’avantage d’être protestant…

Arrivée à ce stade de la lecture, si vous êtes croyant, peut-être êtes-vous en train de vous insurger, auquel cas laissez un commentaire, je ne prétends pas prêcher la bonne parole. Mais, ayez au moins l’obligeance d’y réfléchir sérieusement et ainsi d’économiser de la lessive pour le bien-têtre du cerveau de vos enfants.

Je finirai par cette citation d’un ami d’enfance d’une famille assez croyante quand je lui ai demandé d’où venait sa foi : « Moi aussi je m’ennuie pendant les messes, mais j’ai pas le choix alors j’essaye de m’y mettre. » Et au fur et à mesure on se trouve des raisons pour continuer et perdurer une tradition au fil des millénaires. On pourrait presque en être ému.

Notez bien que presque toutes les religions ont, à l’instar de la chrétienté, un réel désir de ne jamais abaisser les femmes, d’être ouvert, à l’écoute et surtout de respecter le grimoire en n’interprétant jamais à sa convenance les dires d’une poignée de scribes.

Acte 2 – L’appronfondissement

J’ai eu l’occasion durant ma scolarité de découvrir la beauté d’une naïveté et d’une hypocrisie sans pareil. Voici les méandres d’un lycée privée où se mêle corruption et abus de pouvoir. Malheureusement, je n’avais pas la chance de voir ce qui se passait en journée, étant donné que j’y siégeais seulement pour l’internat. Cela ne m’a pas empêché de découvrir un système et une ambiance aussi drôle que triste.

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Je ne compte pas ici faire un blâme de cet établissement, je vais plutôt m’en servir d’illustration pour montrer les résultats d’une lessive ô combien performante orchestré par la bonne famille.

Il y a cependant comme un paradoxe, une lueur d’espoir, une mèche brune dans une chevelure blonde (appât à insurrection pour l’audimat), le sujet n’est pas tout à fait transformé. Une partie de son corps veut apparemment garder son libre-arbitre. On pourrait appeler ça de l’hypocrisie mais, à un stade très poussé tout de même.

La première chose à laquelle je pense ce sont les changements de comportement, voire d’idées, en présence, ou non, d’un adulte. C’est magnifique, hors-champ le jeune va vouloir être bien vu par ses copains et donc participer à des jeux comme le « caleçon » absolument immoral. Et d’un autre côté, devant les managers de leur cerveau, le sujet est transformé en un parfait choriste à la prestance d’or, au discours exemplaire et aux bonnes pensées bien appliquées.

Revenons sur ce jeu très philosophique. Quelques amis et moi étions les seuls à ne pas y participer et donc à ne pas en être victime. Celui-ci consiste à s’acharner à une dizaine sur une seule personne pour lui arracher son caleçon. Le but est de récupérer un bout de tissu pour pouvoir l’exposer fièrement à ses copains comme la défense d’un éléphant lâchement abattu après une chasse. Comme vous pouvez l’imaginer, il est arrivé un jour où ce n’est pas seulement le caleçon qui a été arraché…

Toute celle métaphore filée pour vous montrer l’absurdité de ces deux comportements, et de cette schizophrénie sans nom. Elle est cependant tout à fait logique et explicable. Ces gens-là étaient, tout comme moi, des enfants. Ils ont cependant reçu une éducation telle, que pour supporter leur double facies et faire le terrible effort de changer radicalement de comportement d’un moment à l’autre, un défouloir était indispensable.

Les parents sont heureux : leurs enfants sont im-pe-cables le dimanche matin ! C’est tout ce qui importe. Mais si seulement il n’y avait que les parents… Le personnel de l’école jouait le même rôle que les concepteurs des sujets, une sorte de corruption absolument paradoxale s’était installé. C’était passionnant, les pions et le directeur étaient ovationnés à chaque instant par les étudiants alors que ceux-ci les détestaient. De l’hypocrisie qu’ils acceptaient volontiers en échange d’une clémence un peu plus grande quand leurs prisonniers se voyaient confisqués leur portable lors de l’étude.

Gare à vous si vous aviez le malheur d’utiliser votre appareil durant la lune au lieu de le donner au surveillant avant le coucher du soleil. Vous remarquez l’éducation sans faille qui promeut au coeur du programme une autonomie sans pareil afin de responsabiliser ces jeunes enfants de 19 ans. J’aurais volontiers inviter Frank Herbert pour qu’il prononce directement sa célèbre citation : « La prohibition renforce toujours ce qu’elle interdit. ».

Si vous étiez-là, peut-être auriez-vous pu découvrir le vide dans le visage de chaque enfant en quête d’infos fraîches devant le poste de télévision. Tout le monde était d’accord pour critiquer l’actualité sur la première chaîne, même trop à gauche à leur goût. Bien-sûr, les surveillants ne s’empressaient jamais de donner leur avis avant d’éteindre la boîte à rêves. Ça ferait encore de la bonne pensée à bouffer pour ces jeunes cerveaux en quête de savoir.

Si vous êtes énervés en lisant ces lignes, vous qui êtes probablement au coeur de ce système, peut-être même parents, tout ce qui est dit ici est vrai, sachez-le. Peut-être pensez-vous que ça n’est pas aussi grave, ou que vous jugez ces propos sans gravité, mais pensez-vous que ce fonctionnement dans l’école de vos enfants, que vous entretenez d’ailleurs, est bon pour eux ? N’y a-t-il pas plus beau que le culte de la forme ?

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C’est ça que je dénonce ici. J’ai vu des gamins parfois très jeunes, en 6ème notamment, complètement lobotomisés. Si, c’est le mot, et il est parfaitement à l’échelle de ces enfants, de vos enfants. Ceux que vous emmener, parfois malgré leur très jeune âge, avoisinant les cinq ans, au front des manifestations contre ces mariages entre même sexe. Mariages qui, à l’opposé d’une union fait d’apparence et d’arrangement, promeuvent le fond et le coeur.

Bien-sûr, on souhaite toujours transmettre des valeurs à nos enfants, mais par pitié, pourquoi faire dire à vos oeuvres « Banane Taubira » ou encore « Dégage Hollande ». Alors qu’ils ne connaissent même pas la politique, encore moins le libéralisme et le consumérisme qui va avec ni la connotation de ces propos qui renvoient à de tristes périodes de notre Histoire qui ne font d’ailleurs aucun écho dans leur tête. Peut-être parce qu’en bon père de famille avez-vous prévenu votre fils que Mandela était un terroriste ? Quoi de plus beau pour votre enfant que l’héritage de votre douce pensée d’adulte juste et véritable ?

Si l’envie vous vient d’avoir un gamin libre de bonne pensée, n’oubliez pas qu’au coeur même du lieu de savoir et d’apprentissage de votre petit, certains ne peuvent pas s’empêcher de transmettre leur bonne parole. Tout n’est pas binaire dans ce monde, la nuance est là pour supprimer le candidement de chacun. Je vous en supplie, utilisez-là. Vous êtes intelligent, aussi « comprenez que vous n’avez pas encore compris, mais faites l’effort de comprendre quand même » (Albert Jacquard).

Écrit par Walane

Bonjour.

This article has 8 comments

  1. FunkYeah Reply

    Salut,
    Le lien « certains ne peuvent pas s’empêcher de transmettre leur bonne parole » est cassé.

    Sinon je suis bien évidement d’accord avec toi :)

  2. Allchimik Reply

    C’est bien pour ça que jamais je ne baptiserais mon/mes gamins. Ils croiront ce qu’ils veulent, athée/religion (satanisme et pastafarisme inclus).

    D’ailleurs, on pourrait en vouloir à nos parents pour ça : ne pas avoir respecter nos libertés fondamentales, en nous imposant une religion par défaut dès le départ. La plupart des gamins sont baptisés très jeunes, sans possibilité de choix ni d’opposition. C’est sûr, ça va aider à remplir les églises…

  3. eemm Reply

    Et les autres (vous et moi) le crane bourré par ce que décide une dizaine d’énarques et bien penseurs.
    Un crâne tellement bien bourré, qu’ils refusent de comprendre les raisonnements s’appuyant sur des hypothèses que leur ‘morale’ interdit.
    Lesquels sont le plus à plaindre ? Je me demande bien…

  4. yiguu Reply

    je trouve que le titre est mal choisi, même si beaucoup de ces enfants sont effectivement des fils d’élite, considérer qu’ils sont tous des fils d’élite est une généralisation un peu hâtive.
    sont victime de ce sort tous les enfants dont les parents sont emprisonné dans leur croyance catholique de la mouvance traditionaliste.

    • Walane Reply

      Le terme « d’élite » est purement subjectif. Il a été utilisé pour souligner l’appropriation de la bonne pensée par ces personnes qui considèrent leurs idées comme juste et véritable au point de transmettre de la haine parfois jusqu’à leurs enfants.

      Je ne les définit pas comme élite, mais eux le font, voilà pourquoi 😉

  5. wade Reply

    Tiens tiens, un interne de NDA 😀 J’ai été interne 1 an dans ce collège (et étudiant aussi), il m’a détruit. Je me suis reconstruit dans un lycée de ZEP, comme quoi…

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